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Les arts martiaux et la sagesse du corps

26 janvier 2026 par
Li chang su

Dans des circonstances normales, la pratique des arts martiaux permet d’éviter bien des dangers ou, à tout le moins, d’en limiter les conséquences : une blessure, un accident, voire la mort.

Un jour, un pratiquant tomba et se fit une entorse à la jambe gauche. Quelqu’un, intrigué, lui lança avec un brin d’ironie :

— « Les pratiquants d’arts martiaux ne sont-ils pas censés être agiles et vifs ? Comment as-tu pu tomber ? »

Voici ce qu’il répondit intérieurement :

« C’était un soir d’hiver, après une chute de neige. Je traversais la rue quand, surgissant de l’obscurité, une voiture fonça droit sur moi. Pris de court, je fis un bond pour l’éviter et réussis, par réflexe, à me tirer d’affaire. Mais le sol gelé me trahit : je glissai et tombai lourdement.

Je ne suis pas un expert, encore moins un héros de cinéma capable de bondir comme une hirondelle à travers les nuages. Naturellement, je n’ai pas pu éviter la chute. Ce que mon interlocuteur ignorait, c’est que j’ai déjà cinquante-cinq ans. Sans ma pratique régulière et mes réflexes, cet incident aurait pu tourner au drame. »

Car même les pratiquants d’arts martiaux ne sont pas à l’abri des imprévus.

Wan Nianqing, célèbre maître chinois, en fit lui aussi l’expérience. Un jour, à la gare de Pékin, il entendit soudain un grand fracas. Levant les yeux, il s’écria :

— « Oh non ! »

Une grande enseigne en bois, arrachée par le vent, fonçait droit sur lui. Il n’eut pas le temps de fuir. D’un geste vif, il se protégea la tête de la main gauche et repoussa l’objet de la droite. Dans un bruit assourdissant, la lourde planche — près de cinquante kilos — s’écrasa au sol.

Wan Nianqing s’en sortit avec une simple entaille au bras droit. Sans ses réflexes et sa maîtrise du mouvement, il aurait pu y laisser la vie.

Cette histoire, comme tant d’autres, nous rappelle que les arts martiaux ne sont pas seulement une technique de combat : ils forment le corps, affermissent l’esprit et enseignent la présence d’esprit face à l’imprévisible.

Les personnes d’âge mûr ou avancé, si leur santé le permet, gagneraient à les pratiquer régulièrement — toujours dans le respect de leurs limites. Car si les arts martiaux ne rendent pas la jeunesse, ils peuvent, à coup sûr, aider à prolonger la vie.

Et cela, n’est-ce pas déjà merveilleux ?

Par Li Chang Sue

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