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Les Racines de La Mante de la Fleur de Prunier du Taichi

L'Épopée du Taiji Meihua Tanglangquan : Des Origines du Shandong à l'Héritage Vivant
19 mai 2026 par
perle et dragons, Fabien

Bienvenue dans l'histoire secrète et fascinante de l'un des styles les plus prestigieux du Kung-Fu traditionnel chinois : le Taiji Meihua Tanglangquan "太極梅花螳螂拳"– La Boxe de la Mante Religieuse de la Fleur de Prunier du Tai Chi.

Peu d'écoles peuvent se targuer d'avoir conservé une lignée aussi pure et directe. À travers cet article, je vous invite à plonger dans les racines de notre style, de sa genèse sous la dynastie Qing jusqu'à ma rencontre mémorable avec les deux piliers modernes de cet art : Grand Maître Sun De Long et Grand Maître Wai Fung Chi.

Les Racines Historiques et la Naissance du Style

L’histoire de la lignée s’enracine dans la province du Shandong, précisément dans le village de Miaohou.

C'est ici que s'est forgé le destin de la Famille Hao, une dynastie de guerriers et d'érudits.

L'Héritage Shaolin et la Rencontre de la Mante

Tout commence véritablement avec Maître Hao Hong (né en 1864). Dès son plus jeune âge, il maîtrise la rude et puissante Luohanquan appelé "la Boxe des Arhats de Shaolin" ainsi que les techniques de "École des Saints et des Sages", un style traditionnel, local et plus confidentiel en chinois Sheng Xuan Men.

Sa vie bascule lorsqu’il devient disciple de Grand Maître Liang Xue Xiang, l'un des plus grands propagateurs du style de la Mante Religieuse. Le savoir est transmis. Rapidement, l'excellence de la famille se propage, et un atelier martial d’élite est fondé dans le district de Yantai : L'école de boxe de la famille Hao, rebaptisé poétiquement "La Mante de la Fleur de Prunier" en référence à la fleur de prunier.

La Révolution Martiale : L'union du Yin et du Yang

C’est à la génération suivante, sous l'impulsion de Hao Hung Lue, que le style prend sa forme définitive. Maître Hao Hung Lue réalise un coup de génie : il intègre les concepts internes et philosophiques du Ying et Yang du Tai Chi à la vitesse explosive de la Mante Fleurie.

En 1926, les principes du Taiji Meihua Tanglangquan sont officiellement rendus publics. Le style n'est plus seulement une méthode de frappe rapide ; il devient un art total combinant la fluidité interne et la férocité externe.

Maître Hao Beng : Le Champion Légendaire

Fils de Hao Hung Lue, Maître Hao Beng (ou Hao Bing) (1906 - 1984) reçoit l'intégralité de cet héritage. Athlète hors norme, il devient le champion incontesté de Sanda combat libre de la province du Shandong en 1926. En perfectionnant son art aux côtés de Maître Ji Chun Ding, il pousse l'étude des enchaînements complexes et le maniement d'armes comme la mythique épée Damon à leur paroxysme .

Réputé pour sa droiture et sa noblesse d'âme, il passe sa vie à enseigner, laissant derrière lui les fondations d'un héritage qui va traverser les frontières.

Les Gardiens Modernes de la Lignée

Aujourd’hui, cet héritage du Shandong repose sur les épaules de grands maîtres exceptionnels. J’ai eu l’honneur immense et le privilège de me tenir à la jonction de deux branches fondamentales de cette école, entouré par deux légendes vivantes de la 4ᵉ génération :

1. Grand Maître Sun De Long (孫德龍) : La Source du Shandong

À ma gauche (à droite sur la photo), le Grand Maître Sun De Long pratique le kung-fu depuis l’âge de six ans. Neveu et disciple direct de Maître Hao Beng, il incarne l’une des lignées les plus authentiques du Taiji Meihua Tanglangquan.

Un trésor vivant des arts martiaux

Originaire du Shandong et gradé 8ᵉ Duan, il est reconnu en Chine comme « Trésor Vivant du Patrimoine Culturel Immatériel » de la ville de Qingdao. Son kung-fu illustre parfaitement l’expression « l’acier dissimulé dans le coton » : une souplesse apparente cachant une puissance explosive.

Le défi de la transmission

Face à l’essor des sports de combat modernes, Maître Sun constate avec lucidité que les jeunes générations s’éloignent peu à peu des traditions. Pourtant, sa passion demeure intacte :

« Tant qu’ils souhaitent sincèrement apprendre, je leur enseignerai tout ce que je sais. »

Une phrase simple qui résume son espoir de voir les nouvelles générations faire vivre cet héritage rare.

2. Grand Maître Wai Fung Chi (危鳳池) : Le Pont International

À ma droite (à gauche sur la photo d'en bas), se tient Grand Maître Wai Fung Chi, le président de la Hong Kong Tai Chi Meihua Praying Mantis Boxing Association.

  • La Quête du Savoir : Originaire de Canton, sa passion l'amène à voyager dans les années 1970 jusqu'au Shandong pour chercher la source pure de l'art. Convaincu par sa sincérité, Maître Hao Beng le prend sous son aile et lui transmet tout le système familial.

  • L'Expansion à Hong Kong : En s’installant à Hong Kong en 1990, Maître Wai Fung Chi est devenu le garant de la lignée pour le monde moderne, structurant l'enseignement et permettant au style d'être aujourd'hui préservé au Patrimoine Culturel de Hong Kong.

 La Philosophie et la Technique de notre École

Le Kung-Fu de La Porte de la Famille Hao repose sur des principes scientifiques et éthiques stricts.

  • La Continuité de la Fleur de Prunier : À l'image des pétales d'une fleur de prunier ou des nœuds de sa branche, les attaques ne sont jamais isolées. Une parade est immédiatement une frappe, chaque mouvement s'imbrique dans le suivant sans laisser de répit à l'adversaire.

  • Le Yin et le Yang en Combat : Utiliser la force de l'agresseur pour la retourner contre lui. Le corps reste souple et détendu "Yin" jusqu'à la milliseconde de l'impact où il devient dur comme l'acier "Yang".

  • L'Éthique Martiale : Fidèles à la mémoire  des ancêtres, cette école observe le code du « Ba Da Ba Bu Da » ,8 coups permis, 8 coups interdits. Il faut apprendre à neutraliser efficacement, mais il est interdit de blesser gravement ou de frapper les points mortels à l'entraînement. Le Kung-Fu est un art de préservation, pas de destruction.

Un Honneur et une Responsabilité

Se tenir entre Maître Wai Fung Chi et Maître Sun De Long, c'est mesurer le poids et la beauté de la tradition. Cette photo immortalise un moment fort de mon parcours : la connexion directe avec l'histoire, le sang et la sueur des maîtres du Shandong et de Hong Kong.

Pratiquer le Taiji Meihua Tanglangquan, ce n'est pas simplement apprendre des mouvements de combat ; c'est faire vivre, à chaque entraînement, l'esprit et la philosophie d'une lignée centenaire.

Et vous, êtes-vous prêt à pousser la porte de la Famille Hao ?


Et vous, connaissiez-vous l'importance des styles du Shandong dans l'histoire du Kung-Fu ? Laissez vos impressions en commentaires !



© Toutes Photos F.Latouille de cet article


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