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L'Art Martial comme Compagnon de Vie

regardez la prouesse du jeune, mais contemplez la santé du vieillard
28 avril 2026 par
Huang Xunguo

Récemment, un ami me disait que beaucoup de jeunes pratiquants, une fois arrivés à 70 ans, cessent de parler de force ou de combat pour ne plus jurer que par la santé (Yang-sheng).

Cela semble logique en apparence, mais je trouve cela étrange. La pratique du Kung Fu n'est-elle pas censée se bonifier avec l'âge, devenir plus pure, plus fascinante et plus profonde ? Sinon, n'est-ce pas un immense gaspillage de jeunesse ? L'entraînement ne deviendrait-il pas de plus en plus morne ?

Je ne sais pas pour les autres, mais quand mon père avait 90 ans, mes frères et moi retournions au village et l'entourions pour discuter d'arts martiaux. Ses paumes fendaient encore l'air avec puissance et sa poigne était restée redoutable. Moi-même, octogénaire, je ressens la même chose : le Kung Fu est mon plaisir quotidien.

Beaucoup disent qu'il faut monter sur un ring pour être un "vrai" pratiquant. Si c'est là l'unique but, on finit inévitablement par s'épuiser et se blesser.

À l'époque de mon père, quand l'autorité publique était faible, pratiquer était un devoir. Pour protéger le village, chaque homme devait s'entraîner, sous peine d'être considéré comme un faible assisté. Il ne s'agissait pas de compétition sportive, mais de combat réel et de maniement d'armes (comme dans le Bataillon de Song Jiang).

Aujourd'hui, nous avons l'embarras du choix. Pratiquons pour fortifier notre corps ! Mais de grâce, ne confondez pas "Art Martial" et "Ring", car à trop vouloir combattre pour le sport, on finit par abîmer ses racines vitales. De même, ne confondez pas le Kung Fu et la musculation.

Le Kung Fu a un but : progresser sans cesse. Plus on pratique, plus l'intérêt grandit ; c'est une passion inépuisable, comme un sport de balle. Mais la musculation pure n'apporte guère de plaisir au-delà de l'hypertrophie. Et si l'on cherche l'excès pour la compétition, on blesse son corps.

L'art martial diffère du sport : pratiqué seul, il permet de partir de l'externe pour cultiver l'interne, soignant le corps tout en forgeant l'esprit. Un sport de balle sans match perd son intérêt ; le Kung Fu, lui, se suffit à lui-même.

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« On dit souvent : "Pratique les arts martiaux quand tu es jeune, et cultive la santé (Yang-sheng) quand tu es vieux." Moi, je dis que c'est faux ! Tout dépend de la qualité de votre art.

Celui qui ne pense pas à ses besoins futurs dès sa jeunesse n'est pas un sage. Dire qu'on ne parlera de santé qu'à la vieillesse est risqué : il sera peut-être trop tard pour cultiver un véritable intérêt, et l'on risque de s'infliger des dommages bien avant d'avoir commencé à "soigner" son corps. De plus, s'imposer une routine de santé par pure obligation, sans plaisir, crée un stress inutile. Pourquoi subir une telle pression ?

Il est normal de vouloir maîtriser la technique quand on est jeune. Mais en vieillissant, on doit continuer la même pratique, en approfondissant sans cesse le plaisir qu'elle procure. À ce stade, on ne cherche plus seulement la force brute ; on transmute l'externe pour cultiver le Souffle interne (le Chi "Qi").

Plus on vieillit, plus la technique doit s'affiner, progresser et devenir fascinante. C'est cette quête qui génère la joie. Et parce que l'on pratique avec joie, la santé s'installe naturellement, sans même y penser.

C'est pourquoi j'affirme :

  • Dans la jeunesse, on juge la qualité du Kung Fu.

  • Dans la vieillesse, on juge l'impact de ce Kung Fu sur le corps.

Si un art martial vous permet de rester vigoureux et solide malgré les années, c'est un bon Kung Fu, bénéfique pour toute une vie. Si, au contraire, la pratique mène à un corps décrépit et affaibli, alors vous avez pratiqué le "Poing des Sept Blessures" (un art qui nuit à celui qui l'utilise).

Pour juger une discipline : regardez la prouesse du jeune, mais contemplez la santé du vieillard. »

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